lundi 30 janvier 2012

Soirée Lecture

Compte rendu Soirée Lecture 1:
« Sauver le genre humain, pas seulement la planète. »
Lucien Sève
Le Monde Diplomatique, Novembre 2011 p.22-23

Introduction proposée par l’auteur
« Nos modes de consommation seraient-ils plus facile à remettre en cause que nos modes de production ? Si nul n’ignore plus l’ampleur de la crise environnementale qu’affronte l’humanité, la crise de civilisation dont elle s’accompagne reste, elle, peu identifiée. On ne sortira pourtant de l’impuissance qu’à condition de la diagnostiquer et d’en mesurer toute la gravité.» L. Sève

1.    L’auteur et des intellectuels actuels de la même trempe
Lucien Sève, philosophe, auteur de Penser avec Marx aujourd’hui ; tome 2 «L’homme» ?
Confronter son regard avec celui de Jean Viard sur l’état actuel de notre société. Aller voir aussi du côté d’Edgar Morin. ( La Méthode
 (6 volumes), coffret des 6 volumes en 2 tomes, collection Seuil Opus, 2008 > 
2001
, L’Humanité de l’humanité - L’identité humaine (t. 5), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 2003 )

2.   Structure et contenu du texte
introduction de l’article
§ 1
Nous avons introduit deux causes principales : La cause écologique confrontée à la cause anthropologique, dans le contexte politique. Lucien Sève semble pointer le fait que, hormis Marx en son temps, la cause anthropologique reste bien absente du débat… N’en sommes-nous pas pourtant au centre ? Il nous apparaît important de nommer à tous les niveaux une cause réelle à l’échelle de celle prononcée pour la planète.
§ 2 & 3

L’écologie semble avoir été détournée de sa signification première pour permettre une sorte d’appellation ou de label dans nos sociétés. Qu’est-ce que veulent dire les termes de « écocitoyen », « écoquartier », « écotransports », ?... Si les termes en eux-mêmes n’ont que peu de valeur, est-ce que le fait de les entendre quotidiennement ne nous fait pas réfléchir plus directement à l’écologie ou à la bonne gestion de nos ressources dans nos comportements de tous les jours ?  Etre écologique, ce ne serait finalement qu’avoir une prise de conscience intellectuelle et concrète des causes du mal-être de la planète qui ont des conséquences directes sur notre quotidien. Et vous, comment arrivez-vous à réinterpréter l’écologie dans votre vie de tous les jours ?
§ 4
Lucien Sève avance que l’Humanité et la Terre seraient en péril à la même échelle. La cause anthropologique est empiriquement connue mais sémantiquement inconnue.
§ 5 & 6
Nous en sommes vite arrivés à la notion du travail, où selon Lucien Sève le « drame du travail » pourrait être réduit à se vendre, telle de la marchandise. ( Voir à ce sujet l’émission Les Pieds sur Terre sur France Culture, Pôle Emploi, De l’autre côté du guichet, émission du 26 janvier 2012. )
§ 7, 8, 9, 10
Au-delà du politique : «Quelle humanité voulons-nous être ?», et quels changements désirons nous pour quel projet de société ? La notion d’ «homme» : primitivisme conceptuel ? Tâche actuelle et manquante : distinguer les thèmes majeurs de l’Humanité et des conditions qu’elle subit.

3.    Réactions et participation dans l’ordre chronologique
Beaucoup de questions et de réactions aujourd’hui suite à ces lectures…

Tout d’abord, le terme « écologie » a tout de suite posé question. Comme pour s’éloigner encore plus de la notion d’humanité dénoncé par Sève, nous nous sommes  concentrés sur la notion de développement durable aujourd’hui défini dans la revue Z. Le développement durable n’est-il finalement qu’une matérialisation d’une anticipation de nos futurs besoins, comparés aux problèmes de gestion des ressources que nous rencontrons actuellement ?  Peut-on imaginer s’affranchir de cette anticipation, se concentrer sur les relations humaines et accepter l’imprévu/l’inattendu ?

Serge Latouche, dans son « Petit traité de la décroissance sereine », avance que nous irons droit à la catastrophe si nous ne changeons pas nos comportements et propose de commencer notre changement par le biais de l’économie.  Il s’agirait alors d’accepter que nous ne pourrions pas croître indéfiniment dans une le cadre d’une planète finie, et que le progrès et le développement ne soient plus de mise.

Le livre a vite ouvert des questions relatives au travail, ou du moins à la manière de rendre utile en société. Si l’économie n’existe plus sous la forme que nous lui connaissons, nous sommes obligés néanmoins de commercer, d’échanger des biens car nous ne pouvons pas nous imaginer tous autonomes. Ces nouvelles formes de travail sont proposées par Artenréel, les coopératives d’indépendants professionnels… Flore nous a parlé de ses utopies de petite fille qui imaginait une ville fonctionnant par échange de services en carte à points. On attend les dessins de la ville idéale pour la prochaine fois, alors ?...

Cependant, le travail et la spécialisation des tâches pose la question de l’éthique. Jusqu’à quel point pouvons-nous nous « sacrifier » pour la société ? Aldous Huxley, dans le livre Le Meilleur des Mondes, dénonçait un système proposant le contrôle des naissances où les nouveaux nés seraient placés par castes dans la société selon leur capacités génétiques. A quel point cela serait souhaitable ? Perrine compare ce contrôle des masses au rôle que joue la télévision actuellement : Donner une même approche d’un sujet au maximum de gens qui l’interprèteront différement. On pourra voir à ce sujet l’excellente émission d’Arte « Le temps de cerveau disponible », d’ailleurs cité dans l’article de Lucien Sève.

Après réflexion, il semble y avoir un enjeu important de l’urbanisation (dans le sens vivre ensemble) dans le développement durable. Les modes d’habiter peuvent traduire une certaine prise en compte des attentes sociologiques. Cependant, des lois entravent par exemple un développement de l’ « écologie » (en France, il est interdit de réutiliser l’eau de pluie pour les toilettes). Les labels HQE, BBC ou autres ne sont-ils finalement pas les HLM de demain aux réglementations strictes et laissant moins de place à l’appropriation humaine des habitations ? De plus, il existe une ambiguité frappante dans la manière de labelliser ces « produits » : Par exemple, que dire des panneaux solaires qui utilisent le silicium, exploitation que nous ne maîtrisons pas encore en France, et dont la réduction des coûts nous oblige à réduire de même la durée de vie du panneau ?

Flore avance que la sédentarité serait le nœud du problème actuel. En effet, il serait de plus en plus difficile de vivre en France sans avoir une adresse fixe, un statut, une « case » dans laquelle se reconnaître. Voir à c e propos la loi LOPSI II et le Projet de Fin d’Etude sur la zone franche à Berlin de « squatters ». Est-il encore possible de vivre de manière nomade dans notre société ? Comme la question mérite d’être approfondie, cela fera l’objet de la prochaine soirée lecture pour le jeudi 9 février.


Pour aller plus loin…

Article de base : Lucien Sève in Le Monde diplomatique, novembre 2011

Film Bienvenue à Gattaca, Andrew Nicols, 1997
Livre Aldous Huxley Le meilleur des Mondes, 1931
Film Le temps de cerveau disponible, Christophe Nick et Jean Robert Viallet, 2010
Livre Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, 2007

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